RÔLE D’ÉVALUATION EN LIGNE

Biodiversité

Biodiversité

La municipalité de Franklin compte le plus grand nombre de milieux humides dans la MRC du Haut-Saint-Laurent et son territoire est traversé par plusieurs cours d’eau dont la rivière aux Outardes, la rivière Noire et les ruisseaux Mitchell, Grimshaw et Brand.

Réserve écologique du Pin-Rigide

Cette réserve écologique, occupe une superficie de 63,1 hectares. protège une forêt de pin rigide, espèce désignée menacée depuis 2005. Il s'agit du seul peuplement connu actuellement qui soit d'une superficie appréciable au Québec.

Le site est caractérisé par un substrat grossier, acide et généralement très mince. Les affleurements rocheux, dénudés ou recouverts d'un humus très mince, occupent spatialement plus des trois quarts de la superficie de la réserve écologique.

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Un habitat unique pour une espèce rare au Québec : la réserve écologique de Pin-Rigide

Le pin rigide s'accommode bien de ce type de milieu. Il forme un groupement dont la physionomie et la composition floristique varient selon l'épaisseur du substrat et son drainage. Un sol très mince par exemple (moins de 10 centimètres), sec et pauvre en éléments nutritifs, supporte un peuplement ouvert dont les arbres sont de taille réduite. Bien que le pin rigide ne soit pas considéré comme étant un grand arbre, ses dimensions sont nettement plus intéressantes en sols plus profonds. Il n'est pas rare de rencontrer des individus de 45 ans atteignant un diamètre de quelque 25 centimètres et une hauteur de 10 à 12 mètres.

La flore de la pinède est plutôt pauvre; 68 espèces vasculaires et 24 invasculaires ont été recensées. Parmi ces espèces, on retrouve la bartonie de Virginie, susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable.

La faune est elle aussi assez peu diversifiée. On retrouve toutefois trois espèces à statut précaire soit; la rainette faux-grillon (désignée vulnérable), la salamandre à quatre doigts et le troglodyte à bec court, tous deux susceptibles d’être désignés menacés ou vulnérables.

Covey Hill, un site emblématique de notre patrimoine naturel

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Cypripède acaule, Covey Hill (Photo de CNC)

Situé à proximité de la frontière américaine, le mont Covey Hill s’élève à plus de 340 mètres d’altitude et surplombe la vallée de la rivière Châteauguay. Ce grand massif forestier chevauche principalement le territoire des municipalités de Havelock et de Franklin en Montérégie et s’étend même jusque dans l’État de New York. Covey Hill est un véritable joyau naturel aux paysages idylliques avec ses ruisseaux à l’eau claire, ses riches boisés, ses charmants vergers et vignobles.

Ce milieu naturel, d’une valeur écologique inestimable, offre refuge à de nombreuses plantes et animaux rares. En effet, celui-ci sert d’habitat aux mammifères à grand domaine vital tels que le lynx roux, le pékan et l’ours noir. De plus, le site abrite la plus grande variété de salamandres au Québec. Une dizaine d’espèces différentes peuplent en effet ce territoire, notamment la salamandre sombre des montages qui ne vit qu’à deux endroits au Canada, soit au mont Covey Hill et près de l’escarpement de Niagara en Ontario.

 

Les particularités du mont Covey Hill

L’une des particularités de ce site est la présence d’une tourbière d’environ 55 hectares en son sommet. Celle-ci emmagasine les eaux de pluie dans les couches de sphaigne accumulées depuis près de 15 000 ans. De ce fait, elle contribue à maintenir les débits des nombreux ruisseaux environnants durant les périodes sèches, tout en influençant le cycle de l’eau dans tout le bassin versant de la rivière Châteauguay.

Ce site est également important pour la recharge de l’aquifère régional, soit la formation hydrogéologique perméable qui assure le maintien d’une nappe d’eau souterraine. Plusieurs municipalités en dépendent pour leur approvisionnement en eau potable. Il s’agit donc d’un écosystème d’une grande valeur écologique qui mérite d’être connu et conservé.

Contribuer au maintien de cette riche biodiversité

Plusieurs activités agricoles non intensives se pratiquent sur la colline. Conservation de la nature Canada (CNC) appuie les propriétaires qui veulent contribuer à la protection de cet écosystème exceptionnel en assurant une saine gestion de la forêt et des cours d’eau sur leur propriété. Par l'entremise d’ententes de conservation, de dons et de ventes de propriétés à CNC, des familles ont pu contribuer à la protection d'une superficie de 683 hectares sur le mont Covey Hill, et ce, dans l’intérêt des générations présentes et futures.

Salamandre pourpre

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Salamandre pourpre

Au Québec, dans les basses-terres du Saint-Laurent, nichée sur la montagne de Covey Hill, vit une population d’une espèce très particulière : la salamandre pourpre.

Cet amphibien nocturne est la plus grande des salamandres dépourvues de poumons, des animaux qui ont besoin d’un habitat humide leur permettant une respiration cutanée. La salamandre pourpre peut atteindre 20 centimètres de long; elle a pour habitat préféré les cours d’eau de montagne frais et limpides alimentés par des sources. Sa survie est menacée lorsque ces cours d’eau se troublent en raison de la sédimentation et que leur eau bien oxygénée se trouve polluée.

La salamandre pourpre chasse la nuit, se nourrissant souvent d’autres espèces de salamandres plus petites. Elle peut échapper à son principal prédateur, la truite, en se réfugiant sur terre.

Nous ne connaissons que quelques populations de salamandre pourpre au Canada; l’espèce est désignée préoccupante sur la liste du COSEPAC. Sur la colline Covey Hill, extension nordique des Adirondack au Canada, CNC et ses partenaires s’emploient activement pour protéger son habitat.

Les vastes tourbières, les landes de pins et les sources naturelles de la région sont essentielles pour la salamandre pourpre et pour un certain nombre d’autres espèces végétales et animales en péril. Parmi les autres salamandres des Appalaches atteignant la limite nord de leur répartition se trouvent la salamandre à quatre doigts et la salamandre sombre des montagnes, une espèce menacée dans tout le pays.

Elles partagent la région avec l’utriculaire à scapes géminés, une plante rare au Québec, des espèces aviaires tels le dindon sauvage et l’épervier de Cooper, ainsi que des mammifères comme le lynx roux et l’ours noir.